Secteur public : les drones débarquent, les leaders du cloud se préparent

Que cela vous plaise ou non, les drones s’apprêtent à faire leur entrée dans le secteur public.

La « Cloud Security Alliance » (CSA) s’est alliée à une initiative mondiale à but non lucratif, Securing Smart Cities, pour mettre en place les premiers éléments qui permettront le déploiement des drones dans le secteur public.

Leur rapport, coécrit par le groupe de travail sur l’Internet des objets du CSA fournit des conseils pour la création et l’exploitation sûre et sécuritaire de programmes de drones dans le secteur public.

Mais pourquoi donc la Cloud Security Alliance intervient-elle dans ce projet ? Bien qu’il soit facile de contrôler un DJI Phantom 4 Quadcopter depuis une simple télécommande, beaucoup plus de moyens sont nécessaires pour contrôler des centaines ou des milliers de ces appareils. Pour cela il faut faire appel aux ressources que nous offre le cloud.

Avant de confier le pilotage des drones au cloud, bien d’autres problèmes doivent être résolus :

  • La nécessité pour les fabricants de drones d’améliorer la sécurité en intégrant des pratiques méthodiques de sécurité dans le développement et la fabrication.
  • La nécessité d’identifier et d’aborder les multiples points d’intégration dans un système de drones à l’échelle municipale pouvant être utilisés comme vecteurs d’attaque, y compris en mode « software as a service » basé sur le cloud.
  • La nécessité d’établir des règles stables et normalisées pour reconnaître les mesures à mettre en place en cas de piratage des drones, les options possibles pour relever des indices d’invasion, établir un périmètre de zone de non-vol, etc.
  • L’utilisation de nouveaux algorithmes pas encore testés pour soutenir les opérations automatisées et la coopération entre drones.
  • La nécessité d’aborder le fait que les drones seront peut-être un jour autorisés à être utilisés pour des opérations « au-delà de la visibilité directe » (technologie BLOS : Beyond Line of Sight). Les ingénieurs de sécurité doivent maintenant se préparer pour être protégés contre les menaces futures de l’intégration des systèmes de drone dans l’espace aérien national.

 

Selon le rapport, «les fournisseurs considèrent la sécurité comme un coût supplémentaire et préfèrent offrir davantage de fonctionnalités au produit en laissant de côté la protection. Il est de la responsabilité des fournisseurs d’établir un environnement sûr et sécurisé pour la qualité opérationnelle et la stabilité des drones, si les environnements urbains doivent les adopter et bénéficier de leur potentiel. Il est également important que les gouvernements mettent en place des réglementations pour appliquer des normes de sécurité à cette nouvelle réalité et veillent à ce que les mesures de cyber sécurité ne soient pas trop faibles dans ces environnements. »

«Que cela vous plaise ou pas, il devient de plus en plus évident que les drones joueront un rôle important et même critique dans l’environnement de la smart city», analyse Brian Russell, coauteur du rapport et président du groupe de travail sur l’Internet des objets du CSA.

Mohamad Amin Hasbini, membre du conseil de sécurité des Smart Cities, ajoute : « Les drones sont dans le ciel, dans la mer, sur terre… ils sont partout. Mais sommes-nous prêts ? L’adoption massive de l’usage des drones par les municipalités implique que des milliers de dispositifs mobiles connectés programmables ne fonctionneront pas seulement dans les rues, mais aussi dans les airs et dans notre sous-sol. Du point de vue de la sécurité, le risque de catastrophe annoncée est immense, imaginez que l’un de ces systèmes ou le logiciel utilisé pour les contrôler soit piraté  ou manipulé. Nous essayons de sensibiliser le public à ces questions le plus tôt possible, c’est pourquoi nous travaillons dès maintenant à la mise en place des premiers éléments.  »

Pour l’instant les premiers éléments sont surtout des recommandations qui relèvent du bon sens. Par exemple le groupe de travail recommande de maintenir les citoyens et employés municipaux à l’abri des possibles dommages causés par une perte du contrôle des drones, ainsi que de garder les données personnelles de ceux-ci loin de la portée du champ d’action de ces appareils.

C’est déjà un début. Alors que la FAA (l’équivalent américain de la Direction générale de l’aviation) reçoit près de 25 rapports par mois alertant de drones volant trop près d’appareils volant avec des passagers à bord, ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que les drones viennent à poser un réel problème de sécurité.


Auteur: Steven J. Vaughan-Nichols

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