Innover pour améliorer la qualité de l’air

Connectées – Brève #1  

Enjeu majeur de santé publique, le recueil de mesures en vue de la préservation de la qualité de l’air suscite depuis plusieurs années des actions de niveau national. L’actualité de ces derniers mois est à ce titre marquée par le fait que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) s’apprête à lancer, dans les prochains mois, une campagne de surveillance nationale des pesticides dans l’air ambiant.

La surveillance de la qualité de l’air, tout comme les actions en faveur de sa préservation sont de longue date le fait de dynamiques à la fois nationales et régionales. Le plan national et les plans régionaux de surveillance de la qualité de l’air (PRSQA) en sont la traduction.

Les initiatives s’intensifient aujourd’hui, soutenues par des programmes numériques et une volonté d’implication croissante de la société civile- DXC Technology a par exemple accompagné l’ATMO Grand Est dans la phase de concertation préalable à l’élaboration de son PRSQA.

Une volonté de développer des initiatives innovantes et participatives

A Rennes, le projet Ambassad’Air, s’appuie depuis 2016 sur un réseau d’habitants volontaires pour mesurer la qualité de l’air à l’aide de micro-capteurs open-source. Distribués aux participants, préalablement invités à échanger sur le projet et formés à leur utilisation, les capteurs permettent de prendre des mesures fixes comme mobiles (plusieurs modes disponibles : pieds, vélo, etc.). L’opération a été récemment étendue aux associations, aux équipements de quartiers et aux établissements scolaires volontaires. La ville de Rennes affirme sa volonté de s’engager dans une démarche de smart city en mettant le numérique au service de la santé et de l’environnement. Au-delà du recueil des mesures, le projet a pour objectifs de sensibiliser les habitants aux enjeux de la qualité de l’air, et de les mobiliser autour de la question pour faire émerger des actions concrètes.

Souhaitant étendre son action à l’accompagnement de projets innovants, AirParif, l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air sur l’ensemble de l’Île-de-France, a mis en place avec ses partenaires la structure AirLab, un accélérateur de solutions technologiques innovantes apportant des réponses à la problématique de la qualité de l’air. En soutenant leur développement régional, national mais aussi international , AirLab se donne un double objectif tant d’amélioration de la qualité de vie que de soutien aux entreprises innovantes. Ouverte en septembre 2017, la structure compte actuellement six projets. Ainsi, dès octobre 2017, AirLab a ouvert une API (interface de programmation) mettant à disposition en temps réel plus 30 millions de données sur la qualité de l’air à l’échelle de la région.

Autre projet, financé par le budget participatif de la ville de Paris, #AIRINFOS vise à développer l’accès à une information localisée et adaptée dans les lieux de la ville où le besoin est important (concentration localisée et en temps réel, proposition d’itinéraires alternatifs, …).

Des projets de plus en plus intégrés

Que font les autres villes, à l’échelon international ? La ville de Chicago opte pour une démarche intégrée d’amélioration de la qualité de vie, en  devenant la première agglomération des Etats-Unis à lancer le projet de smart city « Array of Things » (AoT). Fruit d’un partenariat entre la ville, l’université de Chicago et le laboratoire d’Argonne, AoT est conçu comme un « fitness tracker » à l’échelle de la métropole. Des capteurs placés aux quatre coins de la ville (la cible est d’en avoir 500 d’ici à fin 2018) collectent les données relatives aux principaux facteurs impactant la qualité de vie, comme le climat, la qualité de l’air, le bruit ou encore la circulation.

Leur mise à disposition sur une plateforme open-source en temps réel rend possible la collaboration entre les universités du territoire, les urbanistes, les entreprises et les habitants pour concevoir et mettre en œuvre des actions innovantes. Pour les autorités, les données recueillies doivent également permettre de réaliser des gains d’efficience à travers la mise en œuvre de mesures calibrées au plus près des besoins, et, à terme, des économies en anticipant et en agissant en amont sur les problèmes tels que les inondations. Le projet a vocation à s’étendre à d’autres villes des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

Les initiatives innovantes en matière d’amélioration de la qualité de l’air se multiplient, en témoigne le projet Air Challenge de la Seine-Saint-Denis, auquel participe, avec ses étudiants, Aurélie Louguet, manager chez DXC Technology, en tant que chargée de cours à l’Institut d’études politiques de Lille. Porté par le Service Public Lab, laboratoire d’innovation du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, le projet a pour objectif de faire émerger des solutions permettant de rapprocher les citoyens des enjeux de pollution atmosphérique.

De l’intérêt d’innover dans le domaine de l’amélioration de la qualité de l’air

En Europe, malgré une légère amélioration de la qualité de l’air grâce aux politiques publiques menées ces dernières années, la progression est jugée trop lente, et les fortes concentrations de pollution atmosphérique continuent d’avoir de forts impacts sur la santé des citoyens et sur l’environnement, en particulier dans les zones urbaines.

Faisant écho à ce constat, les récentes initiatives locales semblent se concentrer sur le recueil et la mise à disposition de mesures en temps réel de la qualité de l’air auprès des différents acteurs susceptibles d’agir sur sa progression. Ces données sont des outils essentiels à la main des collectivités pour concevoir des politiques publiques et un aménagement urbain adapté, mais c’est bien la mobilisation de l’ensemble de la société civile sur la base de ces données qui est encouragée pour faire émerger des solutions tangibles. Prenant progressivement le pas sur la simple information des citoyens, elle permet en outre d’envisager l’amorçage d’une évolution durable des comportements individuels.

Orientés toujours davantage sur l’émergence de solutions technologiques innovantes, les projets locaux bénéficient directement au tissu économique local en encourageant le développement et l’implantation d’entreprises innovantes. C’est le cas de Plume Labs, une start-up française à l’origine d’une application gratuite destinée aux citoyens afin de suivre leur exposition à la pollution. Tout en intensifiant le développement de sa communauté d’utilisateurs individuels avec pour ambition de devenir l’équivalent de l’application « Waze » pour la qualité de l’air, la start-up poursuit son développement à travers une offre à destination des entreprises et des acteurs publics. Une API leur permettra d’intégrer les informations relatives aux taux de polluants dans l’air à leur environnement numérique, afin de compléter leur propre offre de services.

En somme, outre la nécessité d’adresser la problématique de santé publique, les territoires prennent la mesure de l’enjeu que représente la progression de la qualité de l’air en termes d’amélioration de la qualité du cadre de vie et de leur attractivité dans une perspective de ville durable.

Par Charline Selimi, consultante, Secteur public, DXC Technology

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